
Les applications indispensables pour voyager au Japon
Alertes sismiques, horaires de train, Suica dans le téléphone, traduction, Tabelog : les applications qui changent réellement un séjour au Japon, et celles qui ne marcheront pas.
La rédaction Kotoba Interactive
Studio éditorial
La plupart des voyageurs arrivent au Japon avec une application de réservation ferroviaire et une application de traduction. Presque aucun n'installe celle que l'Agence japonaise du tourisme leur demande explicitement d'installer, et qui est gratuite : Safety tips, l'application officielle d'alerte multilingue. Le pays enregistre chaque année plus d'un millier de séismes ressentis, et le système d'alerte précoce japonais peut prévenir quelques secondes à quelques dizaines de secondes avant l'arrivée des ondes destructrices. Ces secondes ne servent à rien si l'alerte arrive en japonais sur un téléphone qui ne la reçoit pas.
Ce qui suit n'est pas un catalogue. C'est la liste des outils qui résolvent un problème que le Japon pose vraiment, avec pour chacun sa limite. Le pays est très numérisé sur ses transports et son commerce, et étonnamment fermé sur ses services financiers : beaucoup d'applications japonaises exigent un numéro de téléphone national ou un compte bancaire local, et resteront inaccessibles à un visiteur.
Ce que l'État japonais vous demande d'installer#
Safety tips, publiée par l'Agence du tourisme (観光庁), relaie en plusieurs langues les alertes de l'Agence météorologique japonaise : séisme, tsunami, éruption, typhon, forte pluie, alerte de niveau national. Elle ajoute des fiches de conduite à tenir et un dictionnaire de phrases d'urgence. C'est le minimum absolu.
et font la même chose avec une réactivité supérieure et davantage de réglages, la seconde disposant d'une interface anglaise soignée. Un voyageur prudent en installe deux, parce qu'une notification peut se perdre.
Pour la météo courante, tenki.jp, édité par l'Association météorologique du Japon, et Weathernews donnent des prévisions à l'heure et par quartier, très au-dessus de ce que proposent les applications généralistes pour un archipel où le temps change par vallée.
Se déplacer : le train décide de tout#
Le Japon possède le réseau ferroviaire le plus dense et le plus ponctuel du monde, exploité par des dizaines de compagnies distinctes. La qualité d'un itinéraire dépend donc entièrement de la base horaire consultée.
Google Maps fonctionne remarquablement bien au Japon pour le train, le métro et la marche, avec les numéros de quai et les correspondances. C'est le choix par défaut, et il suffit dans neuf cas sur dix.
et Jorudan vont plus loin : ils distinguent les trains rapides, semi-rapides et omnibus, indiquent la voiture où monter pour être devant la bonne sortie à l'arrivée, et calculent le prix exact par compagnie. L'interface est en japonais, mais les noms de gare se saisissent en alphabet latin.
Japan Travel by NAVITIME est le compromis : conçu pour les visiteurs, en anglais, avec un filtre qui n'affiche que les trajets couverts par le Japan Rail Pass. C'est l'application à installer si vous voyagez avec un pass.
Pour les taxis, est le service dominant dans les grandes villes et accepte les cartes étrangères. Uber existe au Japon mais commande des taxis classiques, pas des voitures de particuliers.
Payer : la carte IC dans le téléphone#
C'est la manipulation qui change le plus un séjour. Les cartes Suica et PASMO ne sont pas seulement des titres de transport : elles servent aussi dans les supérettes, les distributeurs automatiques, les consignes de gare et une partie des commerces.
Sur iPhone, la carte s'ajoute directement depuis l'application Cartes, sans compte japonais et sans passer par un guichet, puis se recharge avec une carte bancaire étrangère. Sur Android, la fonction dépend de la présence de la puce Osaifu-Keitai, que la plupart des téléphones vendus hors du Japon n'embarquent pas : dans ce cas, il faut acheter une carte physique en gare ou en supérette.
L'avantage dépasse le confort. Une carte IC dans le téléphone évite d'avoir à calculer un tarif, à choisir un billet devant un distributeur, et à se tromper de compagnie dans une gare qui en héberge trois.
Réserver le shinkansen#
Smart EX couvre la ligne Tōkaidō-Sanyō-Kyūshū, c'est-à-dire l'axe Tokyo, Nagoya, Kyoto, Osaka, Hiroshima, Hakata. L'inscription est gratuite, accepte les cartes bancaires étrangères, et permet de réserver, de modifier sans frais jusqu'au départ, puis d'associer la réservation à une carte IC pour passer les portiques sans billet papier.
JR-EAST Train Reservation joue le même rôle pour le nord et l'est : Tōhoku, Hokkaidō, Hokuriku, Jōetsu. Les deux systèmes sont indépendants et ne communiquent pas.
Un point que beaucoup découvrent trop tard : le Japan Rail Pass ne dispense pas de réserver une place assise sur les trains à réservation obligatoire, et certains trains, comme le Nozomi et le Mizuho, ne sont pas couverts par le pass ordinaire sans supplément.
Lire ce qui n'est pas traduit#
Google Traduction reste l'outil de terrain, pour une raison précise : son mode appareil photo traduit en direct un menu, un panneau ou une étiquette de médicament, et le pack japonais se télécharge pour fonctionner hors connexion. Téléchargez-le avant de partir.
DeepL donne des traductions de texte nettement plus naturelles, utile pour écrire un message à un hôtel ou comprendre un courriel de réservation. Papago, édité par Naver, se défend très bien sur le japonais et le coréen.
Pour déchiffrer un caractère isolé plutôt qu'une phrase, un dictionnaire fait mieux qu'un traducteur : Jisho sur le web, Takoboto sur Android, imiwa? sur iOS, tous gratuits, reconnaissent un kanji dessiné au doigt et donnent lectures, radicaux et exemples.
Manger : Tabelog et son barème trompeur#
est la référence nationale de la critique de restaurant, avec une couverture sans équivalent, y compris pour les établissements minuscules qui n'ont ni site ni compte social. Son barème déroute : la note moyenne tourne autour de 3,0 sur 5, un établissement à 3,5 est déjà excellent, et au-dessus de 3,8 on entre dans le très haut du panier national. Juger avec les réflexes d'un site occidental conduit à écarter de très bonnes adresses.
GuruNavi et Retty complètent, TableCheck et Omakase gèrent les réservations dans les établissements qui n'acceptent ni téléphone ni passage. Beaucoup de comptoirs réputés n'acceptent de toute façon que la réservation par un hôtel ou un habitué.
| Besoin | Application | Langue | Limite à connaître |
|---|---|---|---|
| Alerte séisme et typhon | Safety tips | Multilingue | Notifications à autoriser dès l'installation |
| Itinéraires généraux | Google Maps | Multilingue | Moins précis sur les types de train |
| Itinéraires détaillés | Yahoo! Norikae Annai | Japonais | Saisie des gares en alphabet latin |
| Voyage avec pass | Japan Travel by NAVITIME | Anglais | Filtre JR Pass à activer |
| Transport et petits achats | Suica dans le portefeuille | Multilingue | Android sans Osaifu-Keitai exclu |
| Shinkansen ouest | Smart EX | Anglais | Ne couvre pas le nord et l'est |
| Shinkansen nord et est | JR-EAST Train Reservation | Anglais | Compte distinct de Smart EX |
| Traduction sur le terrain | Google Traduction | Multilingue | Télécharger le pack hors connexion |
| Restaurants | Tabelog | Anglais partiel | Barème sévère, 3,5 vaut excellent |
| Taxi | GO | Anglais | Grandes villes surtout |
Les applications traduisent les mots, pas les situations. Trois expressions suffisent pourtant à débloquer la plupart des échanges : すみません (sumimasen, pardon et s'il vous plaît), これください (kore kudasai, celui-ci s'il vous plaît) et いくらですか (ikura desu ka, combien). JapaneseSRS, notre application de répétition espacée pour apprendre le japonais, arrive bientôt : inscrivez-vous à la liste d'attente.
Rester connecté#
L'eSIM a rendu obsolètes les boîtiers Wi-Fi de location pour la plupart des voyageurs. Ubigi, Airalo ou Sakura Mobile vendent des forfaits data activables avant le départ, sur un téléphone compatible et désimlocké. Le réseau japonais couvre le pays de manière très homogène, y compris dans les trains et une grande partie des tunnels.
Le Wi-Fi public existe mais reste inégal : Japan Wi-Fi auto-connect agrège une partie des points d'accès, et les grandes gares, les aéroports et les supérettes en proposent. Compter dessus comme seule connexion est un mauvais calcul, notamment parce que les alertes de catastrophe supposent un téléphone joignable en permanence.
Le nom Suica est un double jeu de mots assumé par JR East. C'est officiellement l'acronyme de Super Urban Intelligent CArd, et cela se prononce comme 西瓜 (suika), la pastèque, ce qui explique la couleur verte de la carte. La sonorité rappelle aussi l'adverbe すいすい (suisui), « en glissant sans effort », qui décrit exactement le geste de passer le portique.
Alléger le sac#
Le Japon a une infrastructure de transport de bagages que peu de voyageurs utilisent. , dont le service takkyūbin se reconnaît au chat noir portant son chaton, achemine une valise d'un hôtel à un autre, généralement en un jour ouvré à l'intérieur de l'archipel principal. La demande se fait au comptoir de l'hôtel, sans application, et le tarif reste modeste au regard du confort gagné sur un trajet en shinkansen.
Ecbo Cloak réserve à l'heure une place de consigne dans un commerce partenaire quand les casiers de gare sont pleins, ce qui arrive systématiquement dans les grandes gares en haute saison.
Ce qui ne marchera pas pour vous#
Autant le savoir avant de perdre une soirée à essayer.
PayPay, le paiement par code-barres omniprésent dans les commerces japonais, suppose en pratique un numéro de téléphone japonais et un moyen de paiement local. Un visiteur s'appuiera plutôt sur sa carte bancaire sans contact, largement acceptée en ville, et sur sa carte IC pour les petits montants.
Les billetteries de spectacle comme Lawson Ticket ou e+ demandent souvent un compte lié à un numéro japonais, et certaines ventes se font par tirage au sort réservé aux résidents.
Les applications bancaires et de livraison locales sont hors de portée pour les mêmes raisons.
Enfin, une partie des applications japonaises n'est publiée que sur les boutiques nationales : selon le pays de votre compte, certaines n'apparaîtront pas dans la recherche, ce qui n'est pas un bug mais un choix d'éditeur.
Le bon réflexe tient en une phrase : installer et configurer tout cela avant le départ, parce que la plupart de ces manipulations demandent une connexion stable, une carte bancaire acceptée et un peu de patience, trois choses dont on manque précisément à l'arrivée dans un aéroport.
À lire aussiTokyo : le guide des quartiers pour s'y retrouverUne fois les applications installées, encore faut-il savoir ce que chaque quartier de Tokyo apporte.
La supérette japonaise remplace à elle seule la moitié des services qu'on cherche dans une application.
FAQ#
Faut-il vraiment une eSIM pour le Japon ? Oui, si vous ne voulez pas dépendre du Wi-Fi public. Une eSIM data suffit pour la navigation, la traduction et les alertes, coûte généralement moins qu'un boîtier de location et ne demande aucun retrait ni retour en aéroport.
Peut-on ajouter une carte Suica sans compte bancaire japonais ? Sur iPhone, oui : la carte se crée dans l'application Cartes et se recharge avec une carte étrangère compatible. Sur Android, il faut un téléphone équipé de la puce Osaifu-Keitai, généralement vendu au Japon, sinon une carte physique achetée sur place.
Google Maps suffit-il pour les trains ? Pour la plupart des trajets urbains, oui. Pour les longues distances, les correspondances serrées ou le choix entre plusieurs compagnies, une application spécialisée comme Yahoo! Norikae Annai ou NAVITIME donne des informations que Google Maps n'affiche pas, à commencer par le type de train et la voiture où monter.
Le Japon accepte-t-il la carte bancaire partout ? En ville, très largement, et le sans contact fonctionne. En zone rurale, dans les petits restaurants, les temples et certains marchés, l'espèce reste indispensable. Les distributeurs des supérettes et de la Japan Post acceptent les cartes étrangères.
Quelle application pour apprendre quelques mots avant de partir ? Une application de répétition espacée, qui fait réviser un mot juste avant qu'on l'oublie, donne de meilleurs résultats en trois semaines qu'un guide de conversation lu dans l'avion. Cent mots bien ancrés couvrent l'essentiel des échanges de voyage.
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Image de couverture : Ravi Dwivedi · Ravi Dwivedi, via Wikimedia Commons · CC BY-SA 4.0


