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Le village culturel de Gamcheon a Busan au coucher du soleil : des centaines de maisons cubiques peintes en pastel etagees a flanc de colline jusqu'a la mer, reliees par des escaliers et des ruelles etroites
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Busan : guide des quartiers, de Haeundae à Gamcheon

Nampo, Seomyeon, Haeundae, Gwangalli, Gamcheon : comment Busan est organisée, ce que la guerre a laissé dans son plan et où aller selon ce qu'on cherche.

La rédaction Kotoba Interactive

Studio éditorial

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À Séoul, on se donne rendez-vous à une sortie de métro. À Busan, on se donne rendez-vous à une plage, à un marché ou à un pont. La deuxième ville de Corée du Sud n'a pas de centre unique et n'en a jamais eu : elle s'étire sur une trentaine de kilomètres entre des montagnes et la mer, en une succession de poches urbaines séparées par des crêtes.

Ce plan éclaté n'est pas un caprice de géographe. Il vient d'un port, de collines trop pentues pour être bâties selon un plan, et d'une guerre qui a jeté dans la ville des centaines de milliers de réfugiés en trois ans. Comprendre Busan, c'est lire ces trois couches dans les quartiers d'aujourd'hui.

Une ville en bande, coincée entre la montagne et la mer#

Busan compte un peu plus de trois millions d'habitants et se divise administrativement en seize entités : quinze arrondissements, les , et un district rural, le , celui de Gijang au nord-est, seul de son espèce dans la ville.

La géographie commande tout. Les massifs qui descendent jusqu'au rivage découpent le territoire en cuvettes, chacune avec son marché, sa gare et son identité. On passe de l'une à l'autre par un tunnel, un col ou une ligne de métro, rarement en ligne droite. Un habitant du vieux port ne fréquente pas les plages de l'est plus souvent qu'un Parisien ne traverse le périphérique.

Le nom de la ville, , s'écrit avec les caractères de « chaudron » et de « montagne », en référence à la forme d'un mont proche du port ancien. Le premier comptoir japonais autorisé sur place, le waegwan, y fonctionnait dès le XVᵉ siècle : bien avant d'être coréenne au sens moderne, la ville était un sas.

Nampo et Jung-gu : le vieux Busan du port#

Le cœur historique tient dans l'arrondissement de Jung-gu, autour du quartier de . C'est le Busan d'avant les tours : rues étroites, enseignes serrées, odeur de poisson grillé.

Trois lieux s'y enchaînent à pied. Le marché aux poissons de , le plus grand de Corée, tenu depuis l'après-guerre par des marchandes que l'on appelle les jagalchi ajumma ; son bâtiment actuel, ouvert en 2006, dessine une aile de mouette au-dessus du quai. Le , né de la revente d'aide américaine et de marchandises de contrebande pendant la guerre de Corée. La place BIFF, enfin, ancienne rue de cinémas où le Festival international du film de Busan a tenu sa première édition en 1996 ; le festival s'est déplacé en 2011 vers un bâtiment neuf de Centum City, mais les empreintes de mains des cinéastes sont restées dans le sol de Nampo.

À deux pas, la rue des libraires d'occasion de Bosu-dong aligne depuis les années 1950 des boutiques où les livres montent jusqu'au plafond, héritage direct des étudiants réfugiés qui revendaient leurs manuels.

Seomyeon, le centre que personne n'a décrété#

Si Busan a un centre fonctionnel, c'est , dans l'arrondissement de Busanjin-gu. Rien d'historique ici : le quartier doit son statut à un croisement, celui des lignes 1 et 2 du métro, qui en fait le point de bascule de tous les trajets urbains.

On y trouve la densité commerciale la plus forte de la ville, des sous-sols de centres commerciaux qui communiquent entre eux, une rue entière de cliniques esthétiques et dentaires, et le quartier de sortie où les étudiants se retrouvent le soir. C'est le quartier le plus pratique pour dormir si l'on compte bouger dans plusieurs directions, et le moins photogénique de tous.

Quartier Arrondissement Pour quoi y aller Accès
Nampo-dong Jung-gu Marchés, cinéma, vieux port Ligne 1, station Nampo
Seomyeon Busanjin-gu Commerces, vie nocturne, correspondances Lignes 1 et 2, station Seomyeon
Haeundae Haeundae-gu Plage, tours, aquarium Ligne 2, station Haeundae
Centum City Haeundae-gu Cinéma, salons, grands magasins Ligne 2, station Centum City
Gwangalli Suyeong-gu Pont illuminé, cafés face à la mer Ligne 2, station Gwangan
Gamcheon Saha-gu Village en escalier, ateliers d'artistes Ligne 1 station Toseong, puis bus
Yeongdo Yeongdo-gu Falaises, front de mer, chantiers navals Bus depuis Nampo

Haeundae et Centum City : le Busan qui s'affiche#

est la plage la plus connue du pays, un croissant de sable d'un kilomètre et demi bordé d'hôtels. En août, les parasols y forment un damier continu que la presse coréenne photographie chaque année comme un marronnier.

Derrière la plage se dresse un front de gratte-ciel résidentiels, le quartier de Marine City, puis le complexe de Centum City, bâti sur l'emprise d'un ancien aéroport. On y trouve le centre de congrès BEXCO, le grand magasin Shinsegae Centum City, entré au Livre Guinness des records en 2009 comme le plus vaste du monde, et le , ouvert le 29 septembre 2011, dont le porte-à-faux couvert de LED sert de scène au festival.

L'est de l'arrondissement a ajouté depuis 2020 une attraction devenue virale : le Blueline Park, une ancienne voie ferrée côtière transformée en promenade, doublée de petites cabines suspendues qui longent la mer entre Mipo et Songjeong.

Gwangalli, Gamcheon, Yeongdo : trois cartes postales et leur envers#

doit sa célébrité au pont Gwangan, mis en service en 2003, dont l'éclairage nocturne change de couleur et sert de toile de fond aux spectacles de drones du samedi soir. La plage est plus étroite qu'à Haeundae, la ligne de cafés qui lui fait face beaucoup plus dense.

est le village en escalier aux maisons colorées que l'on voit sur toutes les couvertures de guides. Son origine est nettement moins pittoresque : le quartier a été peuplé dans les années 1950 par des réfugiés de guerre et par les fidèles d'un mouvement religieux, le Taegeukdo, installés à flanc de colline sur des terrains sans valeur. Le décor actuel date d'un projet artistique lancé en 2009 avec des étudiants et des habitants. Le succès a fait revenir les commerces, mais aussi les cars de touristes, et des panneaux demandent aujourd'hui aux visiteurs de baisser la voix : des gens vivent derrière ces façades peintes.

, l'île reliée par ponts au vieux port, offre le contraste le plus net de la ville : d'un côté des chantiers navals en activité, de l'autre le sentier de bord de mer de Huinnyeoul, accroché à une falaise, où d'anciennes maisons d'ouvriers sont devenues des cafés.

Le saviez-vous ?

Busan abrite le cimetière commémoratif des Nations unies, dans l'arrondissement de Nam-gu, où reposent des soldats de la coalition tombés pendant la guerre de Corée. C'est le seul cimetière des Nations unies au monde.

Ce que la guerre a laissé dans le plan de la ville#

De 1950 à 1953, Busan fut la capitale provisoire de la République de Corée, l'une des rares zones jamais prises par les troupes du Nord. La population de la ville a plus que doublé en quelques mois.

Cette histoire est encore lisible dans le relief. Les , les routes à mi-pente qui traversent les collines, desservent des quartiers bâtis sans plan par les réfugiés, maison contre maison, escalier après escalier. À Ami-dong, certains murs reposent sur des pierres tombales japonaises récupérées dans un cimetière désaffecté, faute d'autres matériaux. La résidence du gouverneur devenue palais présidentiel provisoire se visite aujourd'hui sous le nom de mémorial de la Capitale provisoire.

La cuisine locale vient de la même période. Le , nouilles froides de blé, est né de l'impossibilité pour les réfugiés du Nord de trouver le sarrasin de leur naengmyeon natal. Le , soupe de porc au riz servie à toute heure, s'est imposé comme le plat populaire d'une ville où l'on mangeait ce que l'on avait, vite et chaud.

Busan ne s'est pas construite selon un plan, elle s'est construite selon une urgence, et cela se voit encore dans la pente de ses rues.

Passez à la pratique

Trois mots suffisent pour se repérer à Busan : 바다 (bada, la mer), 시장 (sijang, le marché) et (yeok, la gare ou la station). KoreanSRS, notre application de répétition espacée, installe ce vocabulaire et le coréen du quotidien qui va avec.

KoreanSRS · Février 2027

Circuler, manger, parler#

Le métro compte quatre lignes, complétées par la ligne Donghae, qui remonte la côte est vers Gijang, et par le métro léger reliant Gimhae. La carte de transport rechargeable coréenne fonctionne ici comme à Séoul, et la ligne 2 suffit à relier Seomyeon, Centum City, Haeundae et Gwangalli.

Une particularité s'entend dès la première conversation : le de Busan, le parler du Gyeongsang, dont les variations de hauteur de voix surprennent les oreilles habituées au coréen de Séoul. Les Coréens le décrivent souvent comme brusque ; les habitants répondent qu'il est simplement direct. Les séries et les films en jouent constamment, et une réplique en satoori suffit à situer un personnage.

Reste que la ville se visite mieux par la mer que par les listes. Prenez le ferry local ou longez un sentier côtier au coucher du soleil : le port, les grues, les tours et les collines réfugiées apparaissent alors dans un seul cadre, ce qu'aucun plan de métro ne parvient à montrer.

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FAQ#

Combien de jours prévoir à Busan ? Deux jours suffisent pour Nampo, Gamcheon et une plage. Trois à quatre jours permettent d'ajouter Yeongdo, le temple côtier de Haedong Yonggungsa et une soirée à Gwangalli sans courir.

Dans quel quartier dormir ? Seomyeon pour les correspondances et les commerces, Haeundae pour la plage et le confort hôtelier, Nampo pour les marchés et le vieux port. Gwangalli offre un compromis entre vue sur mer et prix modérés.

Comment aller de Séoul à Busan ? Le train à grande vitesse KTX relie Séoul à la gare de Busan en un peu moins de trois heures. L'avion est plus rapide en vol mais rarement plus rapide de centre à centre, une fois comptés les trajets vers les aéroports.

Quand y aller ? Le printemps et l'automne offrent le meilleur compromis. Juillet et août sont chauds, humides et bondés sur les plages ; l'automne coïncide avec le festival du film, en octobre, période où les hôtels se remplissent vite.

Gamcheon se visite-t-il librement ? Oui, le village est un quartier d'habitation ouvert, sans billet d'entrée. Certains ateliers et points de vue sont payants, et les habitants demandent que l'on respecte les zones privées et le calme des ruelles.


Crédits photographiques : les images de cet article proviennent de Wikimedia Commons et sont sous licence libre.

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Image de couverture : Basile Morin · Basile Morin, via Wikimedia Commons · CC BY-SA 4.0

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