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Le bâtiment du Gouvernement général de Corée en construction à Séoul, siège de l'administration coloniale japonaise (1910-1945).
Histoire15 min de lecture

L'occupation japonaise de la Corée (1910-1945)

Annexion de 1910, Mouvement du 1er mars, assimilation forcée, travail forcé : trente-cinq ans de colonisation japonaise qui hantent encore la Corée.

La rédaction Kotoba

Studio éditorial

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Le 1ᵉʳ mars 1919, dans le pavillon Taehwagwan de Séoul, trente-trois hommes signent un texte et attendent tranquillement d'être arrêtés. Au même moment, dans le parc Tapgol tout proche, un étudiant grimpe sur un kiosque et lit à haute voix une . La foule reprend un cri qui va se répandre en quelques heures dans tout le pays : Daehan dongnip manse (대한독립만세), « longue vie à l'indépendance de la Corée ». Ils sont désarmés. Face à eux, la police coloniale japonaise a des fusils.

Cette scène résume un demi-siècle d'histoire coréenne : une nation privée d'État, une résistance largement pacifique et une puissance occupante décidée à la briser. De 1910 à 1945, la Corée n'existe plus sur les cartes comme pays souverain ; elle est une colonie de l'Empire du Japon. Ces trente-cinq années — brèves à l'échelle d'une civilisation trois fois millénaire — ont pourtant laissé une cicatrice si profonde qu'elle structure encore, aujourd'hui, les relations entre Séoul et Tōkyō. Comprendre la Corée contemporaine, sa fierté nationale, sa mémoire vive et ses contentieux diplomatiques, impose de revenir à cette parenthèse coloniale.

L'annexion de 1910 : la fin d'un royaume#

La Corée devient officiellement une colonie japonaise le 29 août 1910, jour de l'entrée en vigueur du . Signé une semaine plus tôt, le 22 août, par le Premier ministre coréen Yi Wan-yong et le résident général japonais Terauchi Masatake, ce document met fin à cinq siècles de dynastie Joseon (조선, 1392-1897) et à treize années d'un éphémère Empire coréen (대한제국, 1897-1910).

L'annexion n'est pas un coup de tonnerre : elle est l'aboutissement d'une décennie de mainmise progressive. Après sa victoire sur la Chine (1895) puis sur la Russie (1905), le Japon impose à la Corée le de 1905, qui la prive de sa diplomatie et instaure un protectorat. L'empereur , qui tente en 1907 d'alerter la conférence de La Haye sur la spoliation de son pays, est contraint d'abdiquer. Son successeur, le fragile , régnera trois ans avant que le trône ne disparaisse.

Signification

se compose de han (한, la Corée), il (일, le Japon) et byeonghap (병합, « fusion, annexion »). Les historiens coréens préfèrent souvent le terme gukchi (국치), « la honte nationale », pour désigner cet événement.

La légalité même du traité est aujourd'hui contestée. De nombreux juristes coréens soulignent qu'il ne fut jamais ratifié ni scellé par l'empereur Sunjong en personne, condition normalement requise, et qu'il fut arraché sous la contrainte militaire. Cette question, loin d'être académique, sous-tend encore les positions officielles de Séoul : pour la Corée, l'annexion fut « nulle et non avenue » dès l'origine, tandis que le Japon la considère longtemps comme un acte diplomatique valide de son temps.

Dès la signature, le pouvoir réel passe au , une administration coloniale dirigée par un gouverneur général toujours issu de l'armée ou de la marine japonaise, responsable directement devant l'empereur. Terauchi en devient le premier titulaire. L'immense bâtiment néo-baroque qui abritera cette administration sera érigé, provocation urbanistique délibérée, juste devant le palais royal de Gyeongbokgung (경복궁), masquant le cœur symbolique de la souveraineté coréenne derrière la pierre de l'occupant.


La « politique de la force » et l'exploitation d'un pays#

La première décennie coloniale (1910-1919) porte un nom resté célèbre : la politique militaire ou budan jeongchi (무단정치), littéralement « gouvernement par la force ». Elle instaure un régime policier d'une dureté frappante, où l'administration civile elle-même est militarisée : les enseignants portent l'uniforme et le sabre en salle de classe, la quadrille les campagnes, et les châtiments corporels par la bastonnade — abolis en principe au Japon même — sont réservés aux seuls Coréens.

L'objectif économique est clair : faire de la péninsule une annexe agricole et un marché captif. Le , mené de 1910 à 1918, en est l'instrument le plus lourd de conséquences. Sous couvert de moderniser les titres de propriété, il exige des paysans des démarches administratives complexes et coûteuses ; ceux qui ne peuvent prouver formellement leurs droits, souvent transmis oralement depuis des générations, sont dépossédés. Des terres considérables passent à l'État colonial, à la et à des colons japonais.

Le riz coréen prend alors le chemin des ports. À partir de 1920, le accroît les rendements, mais l'essentiel de la récolte est exporté vers un Japon en pleine industrialisation. Le paradoxe est cruel : la production augmente, la consommation coréenne par habitant baisse, et beaucoup de paysans se rabattent sur le millet importé de Mandchourie. Des centaines de milliers de Coréens émigrent, vers les usines japonaises, vers la Mandchourie, vers l'Extrême-Orient russe.

Une colonie n'est jamais qu'une machine à transférer la richesse : le riz partait vers l'est, la misère restait à l'ouest.

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Certains des grands conglomérats familiaux qui dominent aujourd'hui l'économie sud-coréenne plongent leurs premières racines dans le tissu industriel de la période coloniale.


Le 1ᵉʳ mars 1919 : le cri d'un peuple#

Le est le premier soulèvement national de la Corée colonisée et la matrice de tout le nationalisme coréen moderne. Il éclate le 1ᵉʳ mars 1919 et se prolonge pendant des mois, mobilisant, selon les estimations, jusqu'à deux millions de personnes dans plus de mille cinq cents rassemblements — un chiffre considérable pour un pays de dix-sept millions d'habitants.

Plusieurs étincelles convergent. La mort soudaine de l'ancien empereur Gojong, en janvier 1919, nourrit la rumeur d'un empoisonnement et fixe une date : ses funérailles nationales, prévues début mars, doivent attirer des foules à Séoul. Sur le plan international, les Quatorze points du président américain Woodrow Wilson, avec leur principe de l'autodétermination des peuples, électrisent les intellectuels coréens, tout comme la déclaration d'indépendance rédigée un mois plus tôt à Tōkyō par des étudiants coréens.

Trente-trois personnalités religieuses — chrétiennes, bouddhistes et adeptes du — signent la Déclaration d'indépendance. Son texte, d'une remarquable dignité, ne réclame pas vengeance mais justice, et appelle explicitement à une résistance non violente. Le poète et militant en compose la péroraison.

Rassemblement de Coréens commémorant le Mouvement du 1er mars, symbole de la résistance à l'occupation japonaise
Rassemblement de Coréens commémorant le Mouvement du 1er mars, symbole de la résistance à l'occupation japonaise

La réponse coloniale est féroce. La police et l'armée tirent sur les foules désarmées. Le bilan est incertain — les sources coréennes de l'époque avancent quelque sept mille cinq cents morts, des dizaines de milliers de blessés et près de cinquante mille arrestations ; les chiffres japonais officiels sont bien inférieurs. Un épisode résume l'atrocité de la répression : dans le village de , en avril 1919, des soldats japonais enferment des villageois dans une église méthodiste, ouvrent le feu, puis y mettent le feu.

L'une des figures les plus poignantes du mouvement est , une lycéenne de seize ans qui organise des manifestations dans sa province natale. Arrêtée, torturée, elle meurt en prison en 1920 à dix-huit ans. Elle est devenue en Corée l'incarnation même du sacrifice patriotique, une sorte de Jeanne d'Arc nationale dont chaque écolier connaît le nom.

Le saviez-vous ?

Le Mouvement du 1ᵉʳ mars n'a pas libéré la Corée, mais il a inspiré d'autres colonisés : le Mouvement du 4 mai en Chine, la même année 1919, y fait explicitement écho, et Gandhi comme les nationalistes indiens ont salué la stratégie coréenne de résistance non violente.

Le mouvement échoue à obtenir l'indépendance, mais il change tout. Ébranlé, le Japon adoucit officiellement sa méthode et remplace, quelques semaines plus tard, la « politique de la force » par une . Surtout, le 1ᵉʳ mars donne naissance, un mois plus tard, à un embryon d'État en exil.


Assimiler, effacer, rebaptiser#

À partir des années 1930, et plus encore après le début de la guerre sino-japonaise (1937), la politique coloniale bascule dans un projet d'assimilation totale résumé par le slogan naisen ittai (내선일체, « le Japon et la Corée ne font qu'un corps »). Il ne s'agit plus seulement de dominer la Corée, mais de dissoudre l'identité coréenne dans l'identité japonaise. C'est la phase la plus traumatisante de la colonisation, celle qui touche à la langue, aux noms et aux âmes.

Le changement de noms forcé#

La mesure la plus emblématique est le , lancé en 1939-1940. Elle contraint de fait les Coréens à abandonner leur nom de famille traditionnel pour adopter un patronyme de style japonais. Officiellement présentée comme facultative, la mesure devient coercitive dans les faits : sans nom japonisé, les familles se voient refuser l'accès aux écoles, aux administrations, aux rations, à l'emploi. En quelques mois, environ 80 % des Coréens s'y plient.

Signification

signifie littéralement « créer un nom de clan (sōshi) et changer le prénom (kaimei) ». Pour un peuple où le nom de famille inscrit la personne dans une lignée pluriséculaire, l'imposer était une violence identitaire d'une profondeur particulière.

Le sanctuaire shintō de Chōsen (Chōsen Jingū) surplombant Séoul, imposé aux Coréens sous la colonisation japonaise
Le sanctuaire shintō de Chōsen (Chōsen Jingū) surplombant Séoul, imposé aux Coréens sous la colonisation japonaise

Parallèlement, l'État colonial impose le culte : des sanctuaires sont érigés dans tout le pays, à commencer par l'imposant sur les hauteurs de Séoul, et les Coréens — y compris les chrétiens, ce qui provoque de graves cas de conscience — sont sommés de s'y incliner. Les écoliers doivent réciter le serment des sujets de l'Empire et se tourner chaque matin vers le palais impérial de Tōkyō.

L'étouffement de la langue coréenne#

La répression linguistique atteint son paroxysme à la fin de la période. À mesure que la guerre progresse, le japonais devient la seule langue autorisée dans les écoles, l'administration et la presse. Le coréen est progressivement interdit d'enseignement, puis banni de l'espace public. En 1942, l' voit l'arrestation et la torture de dizaines de linguistes qui travaillaient clandestinement à un grand dictionnaire du coréen ; deux d'entre eux meurent en détention. Compiler la langue de son peuple était devenu un crime.

C'est dans ce contexte que l'alphabet coréen, le hangeul, prend une charge politique inédite : préserver et transmettre cette écriture propre à la Corée devient un acte de résistance culturelle silencieuse.

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💡 La langue que le Japon colonial a tenté d'effacer, vous pourrez bientôt l'apprendre en ligne : KoreanSRS (koreansrs.com) ouvre prochainement — inscrivez-vous à la liste d'attente pour maîtriser le hangeul et le vocabulaire coréen dès le lancement.


Travail forcé et « femmes de réconfort » : les blessures ouvertes#

À partir de 1938, avec la loi de mobilisation nationale, le Japon exploite la Corée pour son effort de guerre avec une intensité croissante. Des centaines de milliers de Coréens sont enrôlés dans le : mines de charbon, chantiers navals, usines d'armement du Japon, de Sakhaline, des îles du Pacifique. Certaines de ces mines, comme l'île d', inscrite depuis au patrimoine mondial de l'UNESCO, sont devenues des lieux de mémoire douloureux, où le récit japonais de la « modernisation industrielle » et le récit coréen du travail forcé s'affrontent encore.

Le chapitre le plus grave et le plus sensible reste celui des , l'euphémisme désignant les femmes contraintes à l'esclavage sexuel dans les « stations de réconfort » de l'armée impériale japonaise. Des dizaines de milliers de femmes — coréennes en grand nombre, mais aussi chinoises, philippines, indonésiennes, néerlandaises et japonaises — furent recrutées par la tromperie, la contrainte ou la force. Ce sujet exige rigueur et retenue : les estimations globales varient fortement selon les sources, l'ampleur exacte fait débat entre historiens, et les archives sont lacunaires, en partie parce que des documents furent détruits en 1945.

Ce qui n'est plus sérieusement contesté par la recherche historique, c'est l'existence d'un système organisé et la réalité de la contrainte subie par ces femmes. Longtemps réduites au silence par la honte et le traumatisme, les survivantes coréennes ont commencé à témoigner publiquement à partir de 1991, à l'image de Kim Hak-sun, dont le témoignage fit basculer le débat. Depuis, chaque mercredi, une manifestation se tient devant l'ambassade du Japon à Séoul pour réclamer des excuses et réparations. La question empoisonne encore la diplomatie : un accord bilatéral de 2015, censé régler « définitivement » le contentieux, fut largement rejeté par les associations de victimes, qui lui reprochèrent d'avoir été conclu sans elles.

Traiter cette histoire impose de refuser deux écueils symétriques : la minimisation, qui nie la souffrance des victimes, et l'instrumentalisation, qui la réduit à une arme politique. Les halmoni (할머니, « grands-mères »), comme on nomme respectueusement les survivantes en Corée, ont d'abord réclamé une chose : la reconnaissance de la vérité.


L'État en exil et la résistance armée#

Face à une occupation qui semblait sans faille à l'intérieur, la résistance coréenne s'organise surtout à l'extérieur. Le 11 avril 1919, dans le sillage du Mouvement du 1ᵉʳ mars, des exilés fondent à Shanghai le . C'est un fait fondateur : ce gouvernement en exil se dote d'une constitution républicaine, adopte le nom de Daehan Minguk (대한민국) — celui-là même que porte aujourd'hui la Corée du Sud — et rompt avec l'ancien ordre monarchique.

Sa figure dominante sera longtemps , militant intransigeant qui en assure la direction depuis la Chine. Le gouvernement provisoire mène une diplomatie de reconnaissance, finance des actions clandestines et, à la fin de la guerre, constitue une , aux côtés des forces chinoises du Guomindang.

La résistance armée prend d'autres formes. En Mandchourie et en Sibérie, des groupes de partisans harcèlent l'armée japonaise ; la , en 1920, où les indépendantistes infligent de lourdes pertes aux Japonais, reste une fierté nationale. D'autres choisissent l'action individuelle : avait déjà, en 1909, abattu Itō Hirobumi, l'architecte du protectorat, à Harbin ; lance une bombe sur des officiels japonais à Shanghai en 1932. Ces hommes sont, en Corée, des héros absolus.

Un troisième courant, communiste et nationaliste, agit depuis la Mandchourie et l'URSS ; c'est de cette matrice partisane qu'émergera plus tard Kim Il-sung, futur fondateur de la Corée du Nord. La partition idéologique de la résistance annonce déjà, en creux, la future division de la péninsule.

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1945 : la libération et l'héritage d'une blessure#

La Corée retrouve sa liberté le 15 août 1945, jour de la capitulation du Japon. Cette date, le , est la fête nationale la plus chargée d'émotion des deux Corées. La joie de la libération, célébrée dans les rues sous des drapeaux ressortis des cachettes, fut pourtant vite assombrie : la Corée ne recouvra pas sa pleine souveraineté mais fut divisée le long du 38ᵉ parallèle entre zones d'occupation américaine au sud et soviétique au nord, prélude à la guerre de Corée et à une partition qui dure encore.

Trente-cinq ans d'occupation ont façonné en profondeur la Corée d'aujourd'hui. Ils ont forgé un nationalisme farouche, une méfiance tenace envers le voisin japonais et une mémoire vive entretenue par les manuels scolaires, le cinéma et les commémorations. Sur le plan matériel, l'héritage est ambigu : le Japon a laissé des chemins de fer, des usines et des écoles, mais construits pour l'exploitation coloniale, pas pour le bien-être des Coréens — un débat historiographique, dit de la « modernisation coloniale », qui reste vif.

Les tensions contemporaines s'enracinent presque toutes dans cette période. Le contentieux des « femmes de réconfort », les procès du travail forcé qui ont conduit dès 2018 la Cour suprême sud-coréenne à condamner des entreprises japonaises, les crispations sur les manuels d'histoire japonais, les visites de responsables au sanctuaire Yasukuni : chacun de ces différends rejoue, à sa manière, la question de la reconnaissance du passé colonial. En 1995, la Corée du Sud a démoli le bâtiment du Gouvernement général qui masquait Gyeongbokgung, geste hautement symbolique de réappropriation de son espace et de son histoire.

L'occupation japonaise ne fut qu'un instant dans la longue durée coréenne, mais un instant qui a tout concentré : la perte, l'humiliation, la résistance et le renaissance. Si la Corée du Sud tient tant à ce que le monde entende cette histoire, ce n'est pas par ressentiment, mais parce qu'un peuple qui a failli être effacé sait mieux que quiconque le prix d'un nom, d'une langue et d'une liberté.


FAQ#

Combien de temps a duré l'occupation japonaise de la Corée ? L'occupation coloniale japonaise a duré trente-cinq ans, du traité d'annexion du 29 août 1910 à la capitulation du Japon le 15 août 1945. Une phase de protectorat l'avait précédée dès 1905, avec le traité d'Eulsa.

Qu'est-ce que le Mouvement du 1ᵉʳ mars 1919 ? C'est le premier grand soulèvement national contre l'occupation. Le 1ᵉʳ mars 1919, des Coréens proclament l'indépendance de leur pays et manifestent pacifiquement par centaines de milliers. Violemment réprimé, le mouvement devint le symbole fondateur du nationalisme coréen moderne.

Qu'est-ce que le sōshi-kaimei (창씨개명) ? C'est la politique coloniale de 1939-1940 qui contraignit de fait les Coréens à remplacer leur nom de famille traditionnel par un patronyme de style japonais. Présentée comme facultative, elle devint coercitive : sans nom japonisé, on perdait l'accès à l'école, à l'emploi et aux rations.

Que sont les « femmes de réconfort » ? « Femmes de réconfort » (위안부, wianbu) est l'euphémisme désignant les femmes contraintes à l'esclavage sexuel par l'armée impériale japonaise. Coréennes en grand nombre mais aussi d'autres nationalités, elles réclament depuis 1991 reconnaissance et réparations. Le sujet reste un contentieux majeur entre Séoul et Tōkyō.

Pourquoi les relations Corée-Japon restent-elles tendues ? Parce que la plupart des différends actuels — travail forcé, « femmes de réconfort », manuels d'histoire, îlots disputés — remontent à la période coloniale et à la question de sa reconnaissance. La mémoire de ces trente-cinq années reste vive dans la société sud-coréenne.


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