Rashomon
Film japonais réalisé par Akira Kurosawa en 1950, dans lequel quatre témoins livrent des versions radicalement contradictoires d'un meurtre et d'un viol commis dans une foret du Japon médiéval.
- Titre original
- Rashomon
- Année
- 1950
- Réalisation
- Akira Kurosawa
- Genres
- drame, mystère, historique
- Durée
- 88 min
- Distribution
- Toshiro Mifune, Machiko Kyo, Masayuki Mori
- Image
- Kazuo Miyagawa
- Récompenses
- Lion d'or Venise 1951, Oscar d'honneur 1952
Lion d'or au Festival de Venise en 1951 et Oscar d'honneur en 1952, le film a inventé le concept narratif dit 'effet Rashomon' et a révélé le cinéma japonais au monde occidental. Il est unanimement considéré comme l'un des films les plus influents de l'histoire du cinéma.
Présentation
Rashomon est un film japonais réalisé par Akira Kurosawa, sorti en 1950. Ce drame psychologique, adapte de deux nouvelles de Ryunosuke Akutagawa, est considéré comme l'un des films les plus importants et les plus influents de l'histoire du cinéma. Il a donné son nom au 'effet Rashomon', un concept narratif et psychologique désormais universel.
Synopsis
Sous la porte delabrée de Rashomon, un bucheron et un moine racontent a un passant les événements troublants auxquels ils viennent d'assister lors d'un procès. Dans une foret, un samurai a été tué et sa femme violee par le bandit Tajomaru. Mais les quatre témoignages (le bandit, la femme, l'esprit du samurai via une medium, et le bucheron) offrent des versions radicalement différentes et contradictoires des faits, chacun se présentant sous un jour favorable.
Contexte de création
Kurosawa a adapté deux nouvelles de Ryunosuke Akutagawa : 'Rashomon' (qui fournit le cadre de la porte) et 'Dans le fourré' (qui fournit l'intrigue principale). Le film a été tourné avec un budget modeste dans des conditions difficiles. La célèbre scène en foret, ou la lumière filtre à travers les arbres, a été filmee en pointant la caméra directement vers le soleil, une technique inédite à l'époque.
Innovation narrative
L'innovation majeure du film réside dans sa structure narrative : le même événement est raconté quatre fois, chaque version contredisant les précédentes. Kurosawa ne désigne jamais la 'vraie' version, laissant le spectateur confronté a l'impossibilité de connaître la vérité objective. Cette approche a révolutionné la narration cinématographique et a engendré le concept du 'effet Rashomon', utilise aussi bien en droit, en psychologie qu'en journalisme.
Thèmes
Le film explore la subjectivite de la vérité, la nature egotiste de l'être humain, et la difficulté de la compréhension morale. Chaque témoin reconstruit les événements pour servir son ego ou sa survie. Kurosawa suggère que la vérité absolue est peut-être inaccessible, mais que la recherche de la bonté et de la confiance reste essentielle, comme le montre la scène finale de compassion.
Reception et impact
Peu apprécié a sa sortie au Japon, le film a été envoyé au Festival de Venise presque par accident et y a remporté le Lion d'or en 1951. Cette victoire a ouvert les portes du cinéma japonais au monde occidental. En 1952, il a reçu un Oscar d'honneur pour le meilleur film en langue étrangère, avant même que cette catégorie existe formellement.
Héritage
Rashomon a transformé le cinéma mondial en prouvant que la narration non linéaire et la subjectivite du récit pouvaient être les sujets mêmes d'un film. Son influence se retrouve dans d'innombrables œuvres, de Usual Suspects à Gone Girl. Le terme 'effet Rashomon' est entré dans le langage courant, bien au-delà du seul domaine cinématographique.