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Façade végétalisée du Musée Ghibli à Mitaka, dans la banlieue ouest de Tōkyō, imaginé par Miyazaki Hayao.
Arts14 min de lecture

Studio Ghibli : guide de tous les films

Guide complet des films du Studio Ghibli, de Nausicaä au Garçon et le Héron. Histoire, réalisateurs, chronologie, thèmes et ordre de visionnage conseillé.

La rédaction Kotoba

Studio éditorial

Un train glisse sur une mer qui a recouvert les rails, sans bruit, sous un ciel laiteux. Une fillette en robe rouge regarde défiler des ombres translucides qui descendent à des quais perdus dans l'eau. Il n'y a ni musique tonitruante ni dialogue : juste le ronronnement des roues et le pincement de piano de . En quatre-vingts secondes, sans rien expliquer, le vous a fait comprendre ce qu'est le deuil, le passage, l'au-delà enfantin. Aucun autre studio d'animation au monde ne sait faire cela.

Fondé en 1985, le Studio Ghibli a produit en quarante ans une vingtaine de longs métrages qui ont redéfini ce que le dessin animé pouvait raconter. Ce guide parcourt toute la filmographie, chaque film daté, son réalisateur, sa place dans l'œuvre, pour vous donner une carte complète d'un univers où la nature respire, où l'on vole, où les héroïnes décident, et où l'enfance finit toujours par s'achever.

Comment naît un studio : 1985, après Nausicaä#

Le Studio Ghibli est fondé le 15 juin 1985 à Kichijōji (Tōkyō) par , et le producteur , avec le soutien financier de l'éditeur Tokuma Shoten. L'élément déclencheur est le succès de Nausicaä de la vallée du vent (風の谷のナウシカ), sorti en 1984 : le film, réalisé par Miyazaki avant l'existence du studio, attire plus de 900 000 spectateurs et prouve qu'un cinéma d'animation ambitieux, adulte, peut trouver son public au Japon.

Le nom lui-même cache une géographie. vient du nom italien d'un avion de reconnaissance de la Seconde Guerre mondiale, le Caproni Ca.309 « Ghibli », mot lui-même emprunté à l'arabe libyen désignant un vent chaud du Sahara. Miyazaki, passionné d'aviation, choisit ce terme avec l'idée que le studio « soufflerait un vent nouveau sur l'industrie de l'animation ». Détail savoureux relevé par les historiens du studio : la prononciation italienne correcte serait plutôt « guibli », mais l'usage japonais a figé le « ji ».

« Je voulais faire un film qui dise aux enfants : il fait bon vivre. » Cette phrase de Miyazaki, répétée dans plusieurs entretiens, résume mieux qu'aucune analyse l'éthique du studio.

Dès l'origine, deux sensibilités cohabitent. Miyazaki, dessinateur prodigieux, cherche le merveilleux, le mouvement, l'envol. Takahata, qui ne dessine pas lui-même mais dirige, vise le réalisme social, l'observation patiente du quotidien, l'émotion retenue. Cette tension féconde, le rêveur et le moraliste, irrigue toute l'histoire de Ghibli.


Les fondations : 1986-1991#

Ces premières années posent la grammaire visuelle et thématique du studio, entre conte d'aventure et chronique intime.

Le Château dans le ciel (天空の城ラピュタ, Tenkū no Shiro Rapyuta, 1986), réalisé par Miyazaki, est officiellement le premier film Ghibli. Cette épopée steampunk, où la jeune Sheeta et le garçon Pazu cherchent l'île volante de Laputa convoitée par des pirates et l'armée, condense déjà tout Miyazaki : machines volantes, ruines envahies par la nature, refus du militarisme. Hisaishi y compose une partition orchestrale qui deviendra la signature sonore du studio.

Deux films sortent le même jour, le 16 avril 1988, en double programme, décision commerciale risquée qui restera unique. Le Tombeau des lucioles (火垂るの墓, Hotaru no Haka), réalisé par Takahata, raconte l'agonie de deux orphelins dans le Japon bombardé de 1945. D'une cruauté tranquille, sans aucune concession, c'est l'un des films de guerre les plus déchirants jamais tournés, animation ou non ; le critique Roger Ebert le rangeait parmi les plus grands films sur la guerre tout court. À ses côtés, Mon voisin Totoro (となりのトトロ, Tonari no Totoro) de Miyazaki offre exactement l'inverse : la rencontre lumineuse de deux petites filles avec un esprit des bois rondouillard, dans une campagne des années 1950. Échec en salles à sa sortie, Totoro devint, grâce aux produits dérivés et à la télévision, l'emblème même de Ghibli : sa peluche est aujourd'hui le logo du studio.

Sentier moussu de la forêt de Yakushima baigné de lumière, l'un de ces sous-bois humides et vivants qui inspirent l'imaginaire forestier de Ghibli.
Sentier moussu de la forêt de Yakushima baigné de lumière, l'un de ces sous-bois humides et vivants qui inspirent l'imaginaire forestier de Ghibli.

Kiki la petite sorcière (魔女の宅急便, Majo no Takkyūbin, 1989), de Miyazaki, suit une apprentie sorcière de treize ans qui s'installe seule dans une ville côtière pour gagner sa vie en livrant des colis sur son balai. Premier grand succès commercial du studio (plus de 2,6 millions d'entrées), c'est une fable sur l'autonomie, le premier emploi et la panne d'inspiration : Kiki perd un temps ses pouvoirs, métaphore limpide du doute créatif.

Avec Souvenirs goutte à goutte (おもひでぽろぽろ, Omoide Poro Poro, 1991), Takahata s'éloigne radicalement du merveilleux. Une employée de bureau de Tōkyō, vingt-sept ans, part travailler à la campagne et revit en flash-back son enfance des années 1960. Aucun monstre, aucune magie : juste la mélancolie d'une vie qui aurait pu être différente. Le film fut le plus gros succès japonais de l'année 1991, prouvant qu'un public adulte existait pour l'animation introspective.


L'âge classique : 1992-2001#

Le studio enchaîne alors les chefs-d'œuvre et atteint, avec Le Voyage de Chihiro, une reconnaissance planétaire.

Porco Rosso (紅の豚, Kurenai no Buta, 1992), de Miyazaki, met en scène un as de l'aviation italien transformé en cochon, chasseur de primes au-dessus de l'Adriatique de l'entre-deux-guerres. Mélancolique, antifasciste, amoureux des hydravions, ce film très personnel, où Miyazaki s'y projette ouvertement, affirme que « mieux vaut être un cochon qu'un fasciste ». Il dépassa les 3 millions de spectateurs au Japon.

Pompoko (平成狸合戦ぽんぽこ, Heisei Tanuki Gassen Ponpoko, 1994) confie à Takahata une fable écologique : des , ces chiens viverrins du folklore japonais maîtres du déguisement, luttent contre l'urbanisation qui dévore leur forêt près de Tōkyō. Tragique et burlesque, mêlant gags scatologiques et désespoir, le film reste l'un des plus profondément japonais du studio.

Si tu tends l'oreille (耳をすませば, Mimi wo Sumaseba, 1995) marque les débuts à la réalisation de , animateur vedette pressenti comme l'héritier de Miyazaki. Cette chronique délicate d'une collégienne qui rêve d'écrire et tombe amoureuse d'un apprenti luthier est l'un des plus beaux films sur l'adolescence et la vocation. La mort prématurée de Kondō, en 1998 à quarante-sept ans, priva Ghibli de son successeur naturel.

Puis vient le séisme. Princesse Mononoké (もののけ姫, Mononoke Hime, 1997), de Miyazaki, plonge dans un Japon médiéval mythique où le prince Ashitaka tente d'arbitrer la guerre entre les dieux de la forêt et les humains de la forge. Sombre, violent, sans bons ni méchants nets, le film pulvérise le record du box-office japonais et fait de Ghibli un phénomène national. Hisaishi signe l'une de ses partitions les plus grandioses.

Forêt primaire moussue et brumeuse de Shiratani Unsuikyo, sur l'île de Yakushima, paysage qui inspira directement la forêt de Princesse Mononoké.
Forêt primaire moussue et brumeuse de Shiratani Unsuikyo, sur l'île de Yakushima, paysage qui inspira directement la forêt de Princesse Mononoké.

Takahata réplique avec une œuvre à contre-courant total : Mes voisins les Yamada (ホーホケキョ となりの山田くん, Hōhokekyo Tonari no Yamada-kun, 1999), comédie familiale en aquarelle minimaliste, premier film entièrement numérique du studio. Échec commercial, c'est un manifeste : prouver qu'on peut animer la banalité tendre d'une famille ordinaire dans un style de croquis de presse.

Et en 2001, le sommet : Le Voyage de Chihiro (千と千尋の神隠し, Sen to Chihiro no Kamikakushi), de Miyazaki. Une fillette de dix ans, Chihiro, voit ses parents transformés en cochons et doit travailler dans des bains publics peuplés d'esprits pour les sauver. Le film devient le plus gros succès de l'histoire du cinéma japonais : plus de 30 milliards de yens, un record qu'il détiendra deux décennies. Surtout, il remporte l'Oscar du meilleur film d'animation en 2003 (le seul jamais décerné à un film non anglophone dans cette catégorie pendant des années) et l'Ours d'or à Berlin. Ghibli n'est plus un trésor japonais : c'est une institution mondiale.

« Chihiro n'est pas belle, elle n'est pas spécialement courageuse. C'est une enfant ordinaire. C'est exactement pour cela que les enfants peuvent croire en elle. » (Miyazaki Hayao)


La diversification : 2002-2011#

Ghibli élargit alors sa palette, lance de nouveaux réalisateurs et explore des registres plus légers ou plus expérimentaux.

Le Royaume des chats (猫の恩返し, Neko no Ongaeshi, 2002), réalisé par , est une fantaisie légère née d'un projet de court métrage. Une lycéenne sauve un chat et se retrouve entraînée dans le royaume félin, menacée d'y être transformée en chatte. Dérivé de Si tu tends l'oreille, c'est un divertissement charmant et assumé comme tel.

Avec Le Château ambulant (ハウルの動く城, Hauru no Ugoku Shiro, 2004), Miyazaki adapte le roman de la Britannique Diana Wynne Jones. Une jeune chapelière, Sophie, changée en vieille femme par une sorcière, trouve refuge dans le château mouvant du magicien Hauru, sur fond de guerre absurde. Le film, ouvertement pacifiste à l'heure de la guerre d'Irak, attira plus de 15 millions de spectateurs au Japon.

Les Contes de Terremer (ゲド戦記, Gedo Senki, 2006) marque les débuts difficiles de , fils de Hayao, paysagiste de formation, propulsé réalisateur sur l'adaptation des romans d'Ursula K. Le Guin. Mal accueilli par la critique, et par Le Guin elle-même, mitigée, le film révèle les tensions père-fils mais lance néanmoins une nouvelle génération.

Vagues se brisant sur la côte nord de l'île d'Iheya, à Okinawa, écho des paysages marins vivants de Ponyo sur la falaise.
Vagues se brisant sur la côte nord de l'île d'Iheya, à Okinawa, écho des paysages marins vivants de Ponyo sur la falaise.

Ponyo sur la falaise (崖の上のポニョ, Gake no Ue no Ponyo, 2008), de Miyazaki, revient à l'animation entièrement dessinée à la main (170 000 dessins) pour conter l'histoire d'un poisson rouge magique qui veut devenir humaine pour rester près d'un petit garçon. Inspiré de La Petite Sirène, tout en aplats de couleurs vives et en vagues vivantes, c'est un film conçu pour les très jeunes enfants, d'une fraîcheur débordante.

Arrietty, le petit monde des chapardeurs (借りぐらしのアリエッティ, Karigurashi no Arietti, 2010) confie à , plus jeune réalisateur de l'histoire du studio, l'adaptation du roman Les Chapardeurs de Mary Norton. Une famille de minuscules personnes vit sous le plancher d'une maison et « emprunte » aux humains. Délicat, miniaturiste, c'est un grand succès au box-office japonais de 2010.

La Colline aux coquelicots (コクリコ坂から, Kokuriko-zaka Kara, 2011), deuxième film de Gorō Miyazaki sur un scénario de son père, rachète l'échec de Terremer. Cette romance lycéenne dans le Yokohama de 1963, à la veille des Jeux olympiques de Tōkyō, baigne dans la nostalgie d'un Japon en pleine reconstruction.


Le crépuscule des maîtres : 2013-2014#

En 2013, les deux fondateurs livrent presque simultanément ce qui ressemble à leurs testaments artistiques.

Le vent se lève (風立ちぬ, Kaze Tachinu, 2013), de Miyazaki, est sa biographie romancée de , l'ingénieur qui conçut le chasseur Mitsubishi A6M « Zero ». Œuvre crépusculaire et ambiguë (comment célébrer la beauté d'une machine vouée à la guerre ?), le film fut annoncé comme le dernier de Miyazaki (avant qu'il ne revienne). Il fut nommé à l'Oscar et fit plus de 9 millions d'entrées au Japon.

Le Conte de la princesse Kaguya (かぐや姫の物語, Kaguya-hime no Monogatari, 2013) est le chant du cygne de Takahata, son ultime film, sorti huit mois après Le vent se lève. Adaptation du plus ancien récit japonais, Le Coupeur de bambous (Xe siècle), il raconte la vie d'une princesse née d'une tige de bambou et destinée à retourner sur la Lune. Animé dans un style révolutionnaire de trait au fusain et d'aquarelle, comme un rouleau peint vivant, il fut nommé à l'Oscar et reste, pour beaucoup, le plus pur sommet esthétique du studio. Takahata s'éteignit en avril 2018, à quatre-vingt-deux ans.

Souvenirs de Marnie (思い出のマーニー, Omoide no Mānī, 2014), de Yonebayashi, adapte un roman anglais de Joan G. Robinson. Une adolescente solitaire et asthmatique, envoyée chez des parents au bord de la mer, se lie à la mystérieuse Marnie. Cette étude délicate de la dépression enfantine et de l'amitié fut le dernier film Ghibli avant une longue pause de production, et, lui aussi, nommé à l'Oscar.


La renaissance : 2020-2023#

Après six ans sans long métrage, le studio renaît, d'abord par une expérience technique, puis par un retour fracassant.

Aya et la sorcière (アーヤと魔女, Āya to Majo, 2020), de Gorō Miyazaki, est le premier film entièrement en images de synthèse 3D de Ghibli, adapté d'un autre roman de Diana Wynne Jones. L'orpheline Aya, placée chez une sorcière acariâtre, finit par la manipuler. Diffusé d'abord à la télévision japonaise, le film fut fraîchement accueilli, son rendu 3DCG tranchant avec la tradition manuelle du studio : une expérimentation plus qu'un classique.

Héron cendré en plein vol au-dessus de l'eau dans la préfecture de Gunma, au Japon, en écho au Garçon et le Héron, dernier film de Miyazaki.
Héron cendré en plein vol au-dessus de l'eau dans la préfecture de Gunma, au Japon, en écho au Garçon et le Héron, dernier film de Miyazaki.

Puis vient le retour du maître. Le Garçon et le Héron (君たちはどう生きるか, Kimitachi wa Dō Ikiru ka, littéralement « Et vous, comment vivez-vous ? », 2023), de Miyazaki, est un film testament d'une richesse vertigineuse. Mahito, un garçon endeuillé par la mort de sa mère dans le Tōkyō de la guerre, est entraîné par un héron parlant dans un monde fantastique où vivants et morts se côtoient. Sorti au Japon sans aucune bande-annonce (un pari marketing radical signé Suzuki), le film remporta l'Oscar du meilleur film d'animation en 2024, faisant de Miyazaki, à plus de quatre-vingts ans, le seul réalisateur à avoir gagné deux fois cette statuette pour des films dessinés à la main, ainsi que le Golden Globe.


Au-delà des films : musées, parcs et musique#

L'univers Ghibli déborde largement de la salle de cinéma. Le a ouvert ses portes en 2001 à Mitaka, dans la banlieue ouest de Tōkyō, conçu par Miyazaki lui-même comme un labyrinthe joyeux sans parcours imposé, où l'on découvre l'atelier reconstitué, un robot géant de Laputa sur le toit et des courts métrages exclusifs visibles nulle part ailleurs. Les billets, à quota limité et datés, s'arrachent des mois à l'avance.

En 2022 s'est ajouté le , installé dans la préfecture d'Aichi sur le site de l'Exposition universelle de 2005. Sans manèges ni attractions à sensations, choix délibéré, le parc invite à déambuler dans des décors reconstitués des films : la maison de Mon voisin Totoro, les bains du Voyage de Chihiro, la vallée du vent.

Aucun portrait du studio ne serait complet sans , compositeur de presque toutes les partitions de Miyazaki depuis Nausicaä. Ses thèmes au piano, à la fois enfantins et profondément mélancoliques, sont devenus indissociables de l'émotion Ghibli ; le motif d'« Une journée d'été » (Ano Natsu e) du Voyage de Chihiro est l'une des mélodies les plus jouées du répertoire contemporain japonais.


Les obsessions d'un studio#

Derrière la diversité des films court un faisceau de thèmes récurrents qui font reconnaître un Ghibli en quelques plans. La nature et l'écologie d'abord : la forêt de Princesse Mononoké, la mer de Ponyo, la pollution de Nausicaä posent toutes la même question du juste rapport entre l'homme et le vivant. Le vol ensuite, balais, avions, planeurs, créatures ailées, expression d'une liberté que Miyazaki, fils d'un fabricant de pièces d'avion, poursuit depuis l'enfance.

Vient le pacifisme, conviction profonde née chez deux hommes qui ont vécu enfants la défaite de 1945 : la guerre, chez Ghibli, n'est jamais glorieuse, seulement absurde ou tragique. Les héroïnes, surtout : Nausicaä, Kiki, San, Chihiro, Sophie, Sheeta, des filles et des femmes actives, courageuses, jamais réduites à un intérêt amoureux, à une époque où l'animation mondiale en manquait cruellement. Et partout, en filigrane, la fin de l'enfance, ce passage doux-amer qu'illustre chaque héros au seuil de l'âge adulte.

Reste la dualité fondatrice. Là où Miyazaki cherche l'envol, le merveilleux et l'espoir, Takahata creusait le sol du réel, la mémoire, la perte, du Tombeau des lucioles à Kaguya. Deux regards opposés, un même refus de prendre les enfants pour des imbéciles. C'est de ce dialogue que Ghibli tire sa profondeur.


Par où commencer ? Un ordre pour les néophytes#

Pour qui découvre le studio, mieux vaut ne pas attaquer par les œuvres les plus exigeantes. Commencez par Mon voisin Totoro, porte d'entrée idéale, douce et lumineuse, puis Kiki la petite sorcière pour son énergie et son thème universel de l'autonomie. Enchaînez sur Le Voyage de Chihiro, sommet du studio et film parfait pour mesurer son génie, avant Le Château ambulant pour la magie romanesque.

Vient ensuite le temps des œuvres fortes : Princesse Mononoké pour l'ampleur épique, puis Le Tombeau des lucioles, à réserver à un moment où l'on est prêt à pleurer. Terminez par les joyaux de connaisseurs, Le Conte de la princesse Kaguya pour son audace graphique et Le Garçon et le Héron pour son testament énigmatique. À ce stade, l'envie de tout voir aura fait le reste.

Quarante ans après le départ de ce vent venu du Sahara, le Studio Ghibli n'a pas seulement produit des films : il a appris à des générations entières, partout sur la planète, à regarder une forêt, un nuage ou un train sur l'eau comme si c'était la première fois.


Qui a fondé le Studio Ghibli et quand ? Le studio a été fondé le 15 juin 1985 à Tōkyō par le réalisateur Miyazaki Hayao, le réalisateur Takahata Isao et le producteur Suzuki Toshio, à la suite du succès de Nausicaä de la vallée du vent (1984).

D'où vient le nom « Ghibli » ? Il vient de l'italien Ghibli, nom d'un avion de reconnaissance italien, lui-même emprunté à un mot arabe libyen désignant un vent chaud du Sahara. Miyazaki, passionné d'aviation, voulait « souffler un vent nouveau » sur l'animation.

Combien de films Ghibli ont remporté un Oscar ? Deux : Le Voyage de Chihiro (Oscar du meilleur film d'animation 2003) et Le Garçon et le Héron (2024), tous deux réalisés par Miyazaki Hayao, seul cinéaste deux fois primé dans cette catégorie pour des films dessinés à la main.

Quel film Ghibli regarder en premier ? Mon voisin Totoro (1988) est l'entrée la plus accessible, douce, courte et universelle, suivie de Kiki la petite sorcière puis du Voyage de Chihiro, considéré comme le sommet du studio.

Quelle différence entre Miyazaki et Takahata ? Miyazaki privilégie le merveilleux, le vol et l'espoir (Totoro, Chihiro) ; Takahata cherchait le réalisme social, la mémoire et la perte (Le Tombeau des lucioles, Le Conte de la princesse Kaguya). Leur dialogue fonde l'identité du studio.


Crédits photos : images issues de Wikimedia Commons, sous licence libre.

Le lexique de cet article

Les termes culturels abordés ici, chacun avec sa définition courte.

Hayao Miyazaki
Cofondateur du studio Ghibli et réalisateur de ses films les plus aimés.
Isao Takahata
Cofondateur du studio Ghibli, réalisateur du Tombeau des lucioles.
Joe Hisaishi
Compositeur de la musique de la plupart des films Ghibli de Hayao Miyazaki.
Le Voyage de Chihiro
Film de Miyazaki (2001), oscarisé, sur une fillette prisonnière du monde des esprits.
Studio Ghibli
Célèbre studio d'animation japonais, à l'origine du Voyage de Chihiro et de Mon voisin Totoro.
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